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PONCTION PUBLIQUE

Dans un entretien accordé à la revue Acteurs Publics, Olivier Dussopt, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Action et des Comptes Publics, affirme quelque chose de juste sur les inquiétudes des agents publics : « depuis de nombreuses années, les agents publics et leurs représentants ont subi des réformes dont le seul prisme était budgétaire ». Et il ajoute « à nous de démontrer que ce que nous voulons, c’est transformer l’action publique et que ce n’est pas cet angle budgétaire qui prime ».

 

Transformer, les personnels que nous représentons savent faire, s’adapter aussi. Il l’a fallu lorsque décentralisation et déconcentration se sont peu un peu imposées dans les établissements et services, il le faut lorsqu’il s’agit d’intégrer de nouveaux dispositifs comme « Parcoursup », il le faudra pour intégrer bac et lycée nouveaux. Mais à quel prix ?

 

N’en déplaise au secrétaire d’État, les récentes déclarations de son ministre et du Premier ministre, immédiatement critiquées par l’UNSA fonction publique (« en marche rapide vers un recul »,) ne laissent en rien présager, bien au contraire, l’abandon a priori d’un « prisme budgétaire » dans l’approche de l’action publique.

 

Tout se passe comme si la fonction publique, qui a disparu en tant que telle des appellations ministérielles, était regardée avant tout comme une ponction publique, une charge que la société française ne saurait plus assumer. La solution serait alors de la ponctionner à son tour de ses agents réputés inamovibles, au profit de personnels dont on peut se séparer plus aisément, pour ensuite lui donner, à grand renfort de comités d’experts, la taille qu’on aura jugé acceptable.

 

On ne voit pas là où se nicherait la transformation annoncée si ce n’est d’abord dans une réduction, qui, sous couvert de modernité, nous ramènerait peu ou prou à la vieille conception régalienne de l’État, armée, diplomatie, justice, ordre public (éducation ?) autour de laquelle graviterait des opérateurs, publics ou privés, condamnés à une autonomie amputée, l’opérateur devant maîtriser impérativement ses charges sans être garanti dans ses ressources. Aux personnels d’assumer la dimension de variable d’ajustement. La contractualisation de la fonction publique, n’en doutons pas, c’est cela, avant tout autre chose.

 

Le plus grand crime de la Fonction publique serait donc économique, sans que l’on s‘interrogeât vraiment sur son utilité sociale. Or, si le poids économique de la dépense publique doit-être pris en considération, le modèle français d’intérêt général, dont un gouvernement ne devrait pas méconnaître les vertus d’amortisseurs de crises, mérite meilleur procès. Certes, le fonctionnaire, que d’aucuns se complaisent à opposer au salarié du privé, ne doit pas rester drapé dans son statut au mépris de toute solidarité. C’est pour cela aussi que nous sommes à l’UNSA. Mais aucun salarié ne gagnerait face à une soustraction générale des politiques publiques. Peut-être, un jour prochain, faudra-t-il nous en souvenir.

 

Jean-Marc Bœuf, secrétaire général A&I UNSA

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