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Fortifier le principe d’intérêt général

Dans son numéro d’avril 2018, Le Monde diplomatique consacre un dossier aux services publics sous le titre « L’intérêt général à la casse ».

 

Et de rappeler qu’au nom de la « modernité, certains gouvernements imposent la mutilation du système d’intérêt général créé après guerre ».

 

Ce système issu des idéaux du Conseil national de la Résistance (CNR) est voué aux gémonies par le MEDEF et par les libéraux de tous poils… Il y a 10 ans,  le vice-président du MEDEF ne déclarait-il pas qu’il fallait « démolir méthodiquement le programme du CNR ».

 

Le régime général de la sécurité sociale, les retraites, le statut des fonctionnaires en font partie. Pour parvenir à casser le système, les gouvernants doivent convaincre l’opinion publique en utilisant des éléments de langage, citons « pédagogie de la réforme », « déréglementation inéluctable », il y a aussi l’emploi du terme « juste » ce dernier doit permettre d’araser les « privilèges » de ceux qui travaillent dans des conditions un peu moins précaires que les autres ! Depuis l’annonce de la réforme de la SNCF, les journalistes des médias audiovisuels, publics ou privés, stigmatisent les « privilèges » des cheminots. De la même manière récemment, Mme de Montchalin, députée LREM interroge la ministre de la santé et des solidarités sur l’obligation d’adhésion au système de sécurité sociale !

 

En ce printemps 2018, les services publics sont dans l’œil du cyclone macronien qu’il s’agisse d’une réforme de la fonction publique ou de la SNCF.

 

Reconnaissons que le Président fait ce qu’il avait annoncé notamment en matière de fonction publique. Relisons son interview à l’hebdomadaire Le Point du 30 mars 2017 sur sa volonté de supprimer 120 000 postes de fonctionnaires -70 000 dans la fonction publique territoriale et 50 000 dans la fonction publique d’Etat- le candidat Macron précise alors :

 

« Je ne supprimerai pas de postes dans la fonction publique hospitalière, ni à l’Education nationale. Mais des redéploiements seront nécessaires.

 

Je veux plus de rémunérations au mérite, individualisées. Je souhaite m’emparer de sujets tabous qui sont de vraies sources d’économies, comme la décharge syndicale dans la fonction publique. Je réinstaurerai aussi un jour de carence. Il faudra aussi moderniser les cadres d’emplois et avoir des recrutements plus souples. »

 

 Dans son éditorial de la Revue n° 92 de mars 2018, Jean-Marc Bœuf parle de ponction publique ! « Le plus grand crime de la fonction publique serait donc économique, sans que l’on s’interrogeât sur son utilité sociale. Or, si le poids économique de la dépense publique doit être pris en considération, le modèle français d’intérêt général dont un gouvernement ne devrait pas méconnaître les vertus d’amortisseurs de crises, mérite meilleur procès »

 

Il est certain que défendre l’existant de la SNCF, de l’hôpital, des maisons de retraite… est voué à l’échec car nous savons que cela fonctionne souvent « mal ». Les causes en sont lointaines souvent et ne datent pas de ce gouvernement. Des choix hasardeux, des choix de rentabilité budgétaire à tous crins dans les hôpitaux notamment mais aussi dans les universités depuis les lois de 2007 et de 2013 !

 

Que faire ? Pour les auteurs du dossier du Monde diplomatique il faut « refonder », plus que « réformer ». La vulgate gouvernementale emploie le terme « transformer », censé être plus « doux » et plus dans le mouvement !

 

Pierre Bourdieu, lors des grèves de décembre 1995, avait exposé la nécessité d’empêcher la destruction d’une civilisation associée à l’existence du service public.

 

Or presque 25 ans plus tard, nous pouvons constater que tout cela est abîmé.

 

Si l’on prend le secteur public, nous constatons que nous sommes passés à la notion de « Faire entreprise » plutôt que « Faire société ». Car des réformes ont été faites à la hache en sacrifiant les personnels notamment dans le secteur hospitalier mais on a mis du temps, nous usagers, à nous en rendre compte. Pourquoi ?  La sociologue Danièle  Linhart y a répondu en 2009  Les agents considèrent que leur tâche revêt une importance et une noblesse qui impliquent « naturellement » de leur part un engagement et une volonté de bien faire en toute circonstance. Ils s’affichent « au service du service public », conscients d’incarner l’esprit républicain et de garantir l’intérêt général.

 

A l’automne 2017, une enquête  CNRS- Sciences Po Paris-Cevipof coordonnée par Luc Rouban a confirmé que  la motivation de service public ne faiblit pas chez les fonctionnaires en notant que la satisfaction éprouvée par les agents publics viendrait donc de « motivations intrinsèques comme le service rendu aux usagers ou à la communauté ou comme le sentiment moral d’avoir contribué au bien-être social »

 

Cet attachement au service public, Anicet Le Pors ancien ministre de la fonction publique du gouvernement Mauroy, le fait sien. Il reste fidèle à la notion de « fonctionnaire-citoyen » et dans un article intitulé « les fonctionnaires, voilà l’ennemi » il rappelle qu’en plus de 30 ans il y a eu 225 modifications législatives au statut général de 1983, cela démontrant la solidité et l’adaptabilité de celui-ci.

 

Attachés au statut, nous le sommes non par conservatisme ou dogmatisme mais parce que les agents y sont protégés par la loi dans le cadre d’une administration neutre et intègre.

 

Alors que les ministres Darmanin et Dussopt ont lancé la concertation sur la fonction publique le 29 mars, l’UNSA fonction publique souligne que nous sommes prêts à la concertation mais pas à n’importe quel prix !

 

En ces temps où nous souhaitons fortifier le principe d’intérêt général, pour reprendre l’expression d’un secrétaire national d’A&I UNSA, que notre syndicalisme utile soit le syndicalisme des gens utiles !

 

Philippe Mesnier

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