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Régimes indemnitaires au 01.01.2013

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Bulletin Fonction Publique n°5 (suite)

Retraite et cohésion sociale

Si l’on pose abruptement à un citoyen, un politique ou un sociologue la question : comment peut être défini le concept « de cohésion sociale » ?, on risque d’obtenir des réponses différentes, voire contradictoires. Un accord semble possible sur celle de la présidente des Réseaux Canadiens de Recherche en Politiques Publiques, Mme Judith Maxwell, selon laquelle « la cohésion sociale se construit sur les valeurs partagées et un discours commun, la réduction des écarts de richesse et de revenus. De façon générale, les gens doivent avoir l’impression qu’ils participent à une entreprise commune, qu’ils ont les mêmes défis à relever et qu’ils font partie de la même collectivité ».
Cette définition est applicable aux retraités qui ont généralement la volonté de participer à une entreprise commune, de contribuer à en relever les défis, et souhaitent rester intégrés à la « collectivité humaine ».
Au moment où les progrès de la médecine et une hygiène de vie moderne permettent de quitter l’activité professionnelle dans une forme physique et psychique convenable, il est naturel que ce passage se traduise par l’envie de participer, sous des formes variées, à la vie de la cité.
A partir de là, les divers aspects du thème « retraites et cohésion sociale » peuvent faire l’objet de cinq approches.

A - SOCIOLOGIE des RETRAITES

    1- Construction sociale de la vieillesse
    Notre société connaît aujourd’hui un changement profond de la structure d’âges, qui va se poursuivre dans les prochaines décennies. Inédite dans l’histoire, cette évolution suscite un certain enthousiasme face au dynamisme des nouveaux seniors, mais ne laisse pas aussi d’inquiéter quand il s’agit de chiffrer le coût du vieillissement pour financer les retraites et la dépendance.
  • Comment hommes et femmes vieillissent-ils aujourd’hui ?
  • Comment vivent-ils la transition de la retraite ?
  • De quelle manière change leur relation au monde lorsqu’ils ne sont plus capables de poursuivre certaines activités ?
  • Quels rapports établissent-ils avec leur passé ?
  • Le vieillissement recouvre une grande diversité de situations et d’expériences, le profond ennui des uns contrastant avec le dynamisme maintenu des autres.

    2- Groupe « personnes âgées »


    La vieillesse n’est-elle qu’un mot ?
    Difficile à définir (personnes âgées, seniors, 3ème – 4ème age…)
    La vieillesse s’est profondément transformée. Désormais elle est devenue pour tous, bien qu’avec de profondes inégalités, une étape plus importante de l’existence.
    Les systèmes de sécurité sociale associés aux progrès considérables de la médecine ont permis d’augmenter la durée de la retraite. (+ de 20 ans pour les hommes, et + de 25 ans pour les femmes).

    3- Etudes analysant la vieillesse

    Conséquences plus complexes en niveau de l’identité sociale, de l’intégration, des comportements sociaux de ces nouvelles catégories de population.

    A la fin du XIXe siècle : la conception de la retraite est considérée comme « récompense » pour les services rendus à la société à travers une vie de travail.
    Avec la mise en place des retraites, la vieillesse devient une question sociale. Aujourd’hui en France, comme dans la plupart des pays industrialisés, la retraite réapparaît dans l’agenda politique à travers une double gestion : celle des fins de carrière et celle de la réforme des systèmes de retraite.
    Aujourd’hui les modalités du passage à la retraite sont profondément renouvelées.

B - Le RETRAITE dans la SOCIETE

On a coutume de dire que le départ à la retraite est le commencement d’une vie nouvelle. Chaque retraité y trouve un espace de liberté et peut se poser les questions : « Puis-je encore me rendre utile à la société ? », « Comment allier liberté, plaisir et activité ? » Et chacun de chercher autour de lui les réponses adaptées à son mode de vie, à son état physique, à sa disponibilité, à ses centres d’intérêt.

Sa réflexion présente quelques similitudes avec celle qu’il a connue dans son adolescence pour choisir son avenir professionnel. A ce moment précis, il se devait de s’ouvrir sur un monde, celui du travail. A la retraite, il peut, plus facilement encore, s’ouvrir au monde au sens large. Activités diverses, aides à la famille, nouveaux contacts humains, découverte du monde sont compatibles, pourvu que la santé soit correcte et les moyens financiers suffisants.

Malgré cette ressemblance, somme toute passagère, le regard du retraité à l’égard du jeune n’est pas toujours très indulgent. Inversement, pour une partie des jeunes, les « anciens » peuvent être considérés comme des gens du passé (donc dépassés) et, de plus, privilégiés. Et pourtant, il est de l’intérêt bien compris des uns et des autres d’éliminer toute rancœur, jalousie ou tout reproche : c’est de leur solidarité que dépend la réalisation d’une vie sociale harmonieuse. Le retraité, à un âge synonyme de « sagesse », se doit de faire un effort pour comprendre la vision du monde des jeunes générations : celles-ci doivent, pour ce qui les concerne, faire la même démarche et songer à ce que les plus âgés leur ont apporté et ce qu’elles peuvent encore attendre d’eux. Et chacun de se poser la question : « Comment ont évolué et continuent d’évoluer les mentalités face à l’économie, notamment face au travail ? Comment la société peut-elle s’organiser autour d’une conception qui ferait que le travail soit « un moment important de la vie et non toute la vie » ?

Actuellement, le travail des seniors est présenté comme une solution à divers problèmes de notre société. Des pistes sont explorées et l’on constate, par exemple, le désir de création d’entreprise par des retraités, parfois âgés. Dans le cadre d’activités rémunérées (et pour certains y compris bénévoles), se pose la question de la place du retraité dans la société. On peut se demander également : « Faut-il accepter le cumul retraite / salaire ? Si oui, sous quelles (ou sans) conditions ? ».

Au moment où tant de difficultés touchent une large part de la population, l’aide financière ou matérielle apportée par le retraité à son entourage constitue l’un des éléments importants de la cohésion sociale.

Cependant, une part des retraités peut, un jour ou l’autre perdre tout ou partie de son autonomie et se trouver confronté à la question de la dépendance. Comment reconnaître sa dignité et préserver ses droits ? On trouvera une partie de la réponse dans la Charte des droits des personnes âgées dépendantes évoquée au chapitre E ci-dessous (« Vie sociale et santé du retraité »).

C - Le RETRAITE et les QUESTIONS SOCIALES

    1- Evolution des retraités

    Pendant la période dite des trente glorieuses, les modalités de calcul de ces prélèvements ont semblé immuables, bien que différentes.

    C’est alors que sont survenus les chocs pétroliers entraînant une remise en cause de la prospérité financière, pendant que la durée de vie s’allongeait.

    Lors de l’abaissement à 60 ans de l’âge légal du départ à la retraite sous la présidence de Mitterrand, de plus en plus de voix se sont élevées pour annoncer des difficultés à venir : le poids du financement des retraites dans notre société allait devenir insupportable, il y avait urgence à choisir entre plusieurs options, augmenter les cotisations, leurs durées de versement, baisser les prestations et même étudier d’autres systèmes, capitalisation entre autres.

    Pour résumer brièvement un choix a été effectué par les deux réformes Balladur et Fillon : payer plus longtemps pour moins recevoir. Mais deux éléments ne semblent pas avoir été pris en considération :

  • l’augmentation régulière du P.I.B. apportant de nouvelles ressources,
  • l’augmentation de la productivité des travailleurs salariés qui aurait dû conduire à revoir la répartition des résultats.
  • On considère que la retraite des fonctionnaires est un salaire continué, mais on peut aussi affirmer que l’ensemble des retraites du public et du privé s’inscrit dans un cadre social continué, celui des actifs.

    Après avoir pris l’engagement de versement de retraite, la société doit continuer à suivre le retraité tout au long de sa vie, celui-ci est un citoyen qui peut :

  • d’une part avoir des problèmes de santé comme tout un chacun, problèmes qui tendent à croître au cours des années ;
  • d’autre part faire face à une dégradation de sa condition physique et mentale dans un environnement où il risque de se sentir isolé, sinon rejeté.
  • En conséquence, la protection santé doit être maintenue et on ne peut que regretter les restrictions de prise en charge dont elle est l’objet quel que soit l’âge et quelles que soient les ressources de la personne concernée. Et pour ce qui concerne le risque de dégradation qui peut s’amplifier avec l’âge, il est nécessaire de prévoir une prise en charge spécifique et suffisante.

    En définitive, les retraités ont apporté leur vie durant leurs connaissances, leurs forces de travail, leur créativité et leur participation financière à la société qui a pu effectuer de notoires progrès dans tous les domaines lors des décennies qui ont suivi la libération, progrès sociaux aussi grâce à leurs luttes. Ils continuent par ailleurs à œuvrer pour le bien de tous tant qu’ils peuvent le faire parce qu’ils savent que les difficultés s’accroissent pour les générations suivantes.

    2- Equité et solidarité sociale

    Les retraités ne forment pas un groupe en marge de la société. Quel que soit leur âge, quelles que soient leur activité et leur implication citoyenne, ils en sont un élément constitutif à part entière. Cette affirmation, que nous cherchons à démontrer tout au long de notre thème de réflexion de cette année, ne saurait cependant suffire si cette société elle-même ne l’acceptait pas. Equité et solidarité sont des termes proches de ceux d’égalité et de fraternité qui figurent dans notre devise nationale. Mais ce qui est inscrit dans la pierre au fronton de nos bâtiments publics correspond-t-il encore à une réalité vécue. Il nous faut hélas constater que depuis quelques années nous n’avons sans doute pas su (ou pas voulu ?) préserver nos acquis et anticiper la situation actuelle au sein d’un environnement en continuelle mutation.

    La prise en charge solidaire de ceux qui ne bénéficient plus, par choix ou par obligation, du produit direct de leur travail est une notion relativement récente datant du milieu du XXème siècle. Auparavant cette solidarité s’exerçait essentiellement dans le cadre familial et atteignait souvent très rapidement les limites du possible. Ce n’est qu’en 1945, lors de la mise en œuvre du programme du Conseil National de la Résistance, qu’une évolution remarquable s’effectue avec par exemple, l’instauration d’une "retraite permettant aux vieux travailleurs de finir dignement leurs jours". L’expansion économique et le plein emploi qui ont caractérisé les années qui suivirent la Libération ont permis la mise en place de régimes de pensions et de protection sociale qui répondaient à cette volonté. Cette situation favorable a même permis de progressivement les améliorer, notamment par la réduction du rapport entre le nombre d’années travaillées et la durée de retraite et par l’accès du plus grand nombre à une médecine de qualité, gages de l’allongement de la durée de vie. Cette dernière avancée sert maintenant de prétexte à la remise en cause des fondements même de notre organisation sociale.

    Les difficultés apparues depuis quelques années sont essentiellement liées aux problèmes et aux mutations économiques. La solidarité serait-elle devenue un luxe ? En tant que syndicaliste nous disons que non. Sans refuser toute adaptation des régimes actuels nous affirmons que si la volonté politique existe nous pouvons encore sauver ces institutions obtenues, souvent dans la lutte, par nos aînés et piliers d’un fonctionnement sociétal digne de ce nom.

    Des solutions tant pour préserver les recettes que pour contenir les dépenses existent et devraient être mises en débat pour préserver le système de pensions par répartition. Nos gouvernants actuels par idéologie et pour satisfaire les appétits financiers aiguisés par ce vaste marché que constituent les retraites, nous poussent vers la capitalisation dont chacun peut mesurer les dramatiques conséquences notamment actuellement aux Etats-Unis. Faire dépendre la qualité de sa fin de vie de capitaux boursiers, soumis aux aléas que l’on connaît, relève d’une démarche essentiellement individualiste et sans garantie. Solidarité et néo-libéralisme sont des termes apparemment antinomiques. Et pourtant les richesses produites, si elles nécessitent des investissements et des capitaux, sont essentiellement le fruit du travail de chacun que l’on soit directement productif ou non. Reconnaître cela et refuser de considérer l’homme comme un simple outil de production, c’est admettre qu’au nom de l’équité ces richesses doivent être partagées tout au long de la vie et sous des formes aussi diverses que la formation, le salaire, la pension, la santé, etc. Hélas le même type d’évolution, strictement basée sur des notions financières à court terme, vient heurter les autres institutions solidaires de notre société. Couverture santé, prise en charge de la dépendance, etc. toutes s’orientent de plus en plus vers des solutions individuelles et le "chacun pour soi".

    Retraités actuels nous serons moins touchés que ceux qui vont bientôt nous rejoindre ou pire encore les plus jeunes des générations à l’aube de leur vie professionnelle. Comment ressentent-ils ce choix de société ? Discours politique, médias, tout notre environnement privilégient le financier comme seul critère de vie et d’insertion sociale. L’individualisme prédomine et guide la pensée. Lorsqu’on les interroge, ils reconnaissent certes tout l’intérêt de ces valeurs que nous défendons mais considèrent rapidement qu’elles relèvent du passé et qu’il n’est plus possible de les mettre en application. Le fatalisme l’emporte "Lorsque nous aurons votre âge, tout cela n’existera sans doute plus, nous aurons droit à rien" mais aucune proposition constructive n’est faite. De là un sentiment qui se développe et s’exprime de plus en plus : "pourquoi payer pour les autres puisque nous-mêmes ne bénéficierons de rien".

    Dans ce contexte sciemment entretenu, le retraité devient facilement le bouc émissaire désigné, fardeau inutile à la société et particulièrement coûteux. Saurons-nous convaincre du contraire ? En cette période de crise provoquée par la dérégulation financière plus que par les déficits budgétaires des états, combien d’individus vont être fragilisés et contraints de faire appel à la solidarité ? C’est donc maintenant qu’il faudrait mettre en œuvre et même renforcer toutes les facettes de nos acquis et de nos systèmes de protection. Précisons à ce niveau, ce que les défenseurs du libéralisme sauvage se gardent bien de dire : si la France semble être moins rapidement percutée par ce séisme mondial, c’est sans aucun doute grâce à ce système social qui retarde ses néfastes effets. A ce niveau certains économistes reconnaissent même que les retraités français, de par leurs pensions par répartition, sont moins touchés dans l’immédiat qu’ailleurs et contribuent ainsi à préserver un certain niveau de consommation.

    Raison de plus de partager, faire valoir et défendre ces notions de dignité tout au long de la vie, de solidarité, d’entraide, d’équité, etc. qui ont fait la force de notre société et montrent encore chaque jour combien elles sont indispensables.

D - Les RETRAITES dans l’ECONOMIE

    1- Données démographiques

    En 2007, l’espérance de vie à la naissance atteint 84,4 ans pour les femmes et 77,5 ans pour les hommes. Le vieillissement de la population se poursuit en France : au 1er janvier 2008, 16,3% ont 65 ans ou plus (10,4 millions de personnes).

    2- Données économiques

    La part des dépenses de retraite dans le produit intérieur brut représentait en 2007, 12%. Depuis 2006, l’arrivée à l’âge de la retraite des premières générations nombreuses d’après guerre, devrait continuer de tirer à la hausse le montant des dépenses de retraite dans les prochaines années.
    Fin 2006, le nombre global de retraités de droit direct était de 14 millions, et la pension moyenne toujours de droit direct s’élevait à 1069 €uros.

    3- Impact économique

    L’impact économique des retraités se manifeste de différentes façons :

  • le développement des retraites et l’amélioration générale du niveau de vie de la population ont permis de faire des retraités des acteurs économiques à part entière ; les retraités sont même devenus des cibles particulièrement recherchées par les annonceurs.
  • l’amélioration du niveau de vie des retraités a modifié, certains modes de solidarité traditionnelle. En effet, si pendant longtemps les enfants ont apporté aide sous diverses formes aux besoins des parents (les personnes âgées étant parfois dans une dépendance complète vis-à-vis de leurs descendants il y a quelques décennies), il est devenu courant aujourd’hui de voir les retraités aider leurs enfants et petits-enfants, surtout depuis que l’entrée des jeunes dans la vie active est devenue de plus en plus difficile, situation à laquelle vient s’ajouter l’incidence du chômage en cours d’activité.
  • conjuguée avec les effets du vieillissement cette amélioration du niveau de vie des retraités a permis l’émergence de professions nouvelles, comme le montre le rapide développement des emplois à domicile, des emplois d’aide à la personne.
    Les personnes de plus de 70 ans représentent désormais plus du tiers des employeurs de salariés à domicile, et cette proportion continue d’augmenter.
  • les migrations des retraités « citadins » vers des territoires mieux dotés (retour vers le pays familial, meilleure qualité de vie, vers un meilleur climat…) ont certainement modifié l’économie de certaines régions et certains espaces ruraux ; les retraités peuvent ainsi contribuer au développement local par leur consommation et leur implication dans la vie locale.

Depuis 1945, ce développement des retraités a été pour une bonne part financé par la croissance quasi continue de l’activité, mais la masse des retraités a cependant progressé plus vite que la croissance économique.

    4- La crise des retraités
    Cet impact économique des retraités risque de souffrir fortement de la crise des systèmes de retraite, liée à la crise économique et notamment à l’explosion du chômage, à l’éviction massive des travailleurs vieillissants et à la flexibilisation des salaires à la base.

    L’incidence de l’augmentation de l’espérance de vie sur les systèmes de retraite est importante ; de plus le problème du montant des retraites reste posé, assurer des pensions de retraités élevées à des personnes plus nombreuses et vivant plus longtemps, car les réformes Balladur (1993) et Fillon (2003), ont été mises en place dans l’intention manifeste de réduire très sensiblement ce montant des retraites.

    Le principe de solidarité du système par répartition a été remis en cause avec l’introduction d’un complément aux pensions publiques par capitalisation individuelle. Pourtant dès 1936 Keynes écrivait que la civilisation tend à développer une « économie de casino » où les retraités et les travailleurs en activité ont tout à perdre ; la confirmation vient d’en être donnée avec le désastre des fonds de pension.

    Alors, il nous faut rechercher des pistes alternatives qui permettront de pérenniser la retraite par répartition, d’en développer le financement et répondre ainsi aux besoins liés à la démographie, sachant que la « répartition » sert directement la demande effective et la croissance réelle, puisque les cotisations immédiatement reversées dans les pensions de retraite relancent la consommation :

  • s’attaquer aux inégalités concernant la vieillesse et promouvoir le droit à la retraite,
  • avoir une conception plus souple de l’âge de la retraite,
  • mettre fin à l’éviction précoce des travailleurs vieillissants,
  • inverser la logique qui pénalise les industries de main d’œuvre en modulant les taux des cotisations sociales,
  • créer une cotisation sociale sur les revenus financiers des entreprises qui échappent à toute contribution sociale.
    5- Comment valoriser la place des bénévoles
    Retraite et bénévolat
    Les seniors sont souvent des personnes qui peuvent trouver du temps pour s’occuper d’autrui ; les principales motivations sont l’envie de s’occuper des autres, mais aussi de trouver une utilité à la vie.

    Contrairement aux idées reçues les retraités ne sont pas sur représentés dans le bénévolat et la vie associative.
    Par contre les retraités investis dans le bénévolat lui consacrent plus de temps que les autres générations et de façon plus régulière.
    On ne devient pas bénévole au prétexte que l’on dispose d’avantage de temps disponible, l’implication relève d’un apprentissage souvent précoce où l’influence familiale, les valeurs personnelles, les engagements (syndical en particulier) et le réseau relationnel jouent des rôles déterminants.

    On trouve différentes catégories de retraités bénévoles :

  • ceux qui ont toujours eu l’habitude de l’engagement,
  • ceux qui pour compenser la peur du vide vont s’engager,
  • ceux (le plus grand nombre) qui ont un sentiment d’inutilité sociale mais qui refusent de s’engager quelqu’en soit le motif.

  • Le risque lié à l’engagement bénévole, c’est d’être impliqué sans limite (le petit doigt dans l’engrenage) ; à cet égard le monde associatif ne saura pas attirer et fidéliser des retraités, s’il ne sait pas s’adapter à leurs attentes, à leur rythme et à leurs différentes caractéristiques sociologiques.

    De plus l’utilité sociale du retraité ne se cantonne pas au seul associatif : elle est avant tout le socle des solidarités familiales, des solidarités de voisinage avant de se manifester dans le bénévolat, l’engagement doit partager avec l’attention apportée à la famille, les loisirs, le soin de soi…

E - VIE SOCIALE et SANTE du RETRAITE.

Le retraité, pour ce qui concerne son activité, est, bien évidemment, tributaire de son état de santé qui, le plus souvent, va en se dégradant au fil du temps. Cette dégradation peut déboucher sur une perte d’autonomie plus ou moins prononcée. Comment la société peut-elle répondre efficacement à ces besoins ? Il lui appartient de mettre en place (ou de renforcer) les structures correspondantes à des situations diverses. Selon le degré de gravité de la dépendance, trois types de solutions sont avancés : le maintien à domicile (assuré par une aide adaptée), le foyer-logement laissant une grande part d’autonomie à chaque individu, la maison de retraite. Si l’on veut être complet il convient d’ajouter les maisons de retraite avec « section de cure médicalisée », les résidences services, les villages retraite en zone rurale, les centres et unités de long séjour. Ces dispositifs présentent deux difficultés : la rareté de l’offre, le coût des services. Ces deux écueils touchent au premier chef les couches les moins aisées de la population, en particulier les bénéficiaires de petites pensions. On peut affirmer que c’est un des rôles de l’Etat de mobiliser les aides diverses permettant de faire face aux inégalités. En fonction des moyens financiers et de l’état physique de chacun, le but recherché doit toujours être de conserver la plus grande autonomie possible, ce qui aboutit à privilégier le maintien à domicile ou en logement -foyer. La mise en application de l’APA tend à prouver que l’égalité des citoyens sur tout le territoire passe par une implication accrue de l’Etat.

L’Etat, conjointement avec la Fondation Nationale de Gérontologie a rédigé en 2007 un nouveau texte de la Charte des droits des personnes âgées en situation de handicap ou de dépendance. (établie en 1987 et revue en 1997). Après avoir constaté que « Les personnes âgées, pour la plupart, restent autonomes et lucides jusqu’au terme de leur vie », ses 14 articles ont pour principe directeur la reconnaissance des personnes âgées dépendantes et de leur dignité. Elles doivent « pouvoir continuer à exercer leurs libertés et leurs droits et assumer leurs devoirs de citoyens » « leur place dans la cité, au contact des autres générations et dans le respect des différences, doit être reconnue et préservée ». Ces principes, ayant pour objectif la dignité de la personne âgée, s’appliquent, notamment dans les domaines suivants : choix de vie, cadre de vie, vie sociale et culturelle, présence et rôle des proches, patrimoine et revenu, activité, liberté d’expression, de conscience et religieuse, préservation de l’autonomie, droits aux soins, respect de la fin de vie, protection juridique, information. (1)

Le problème du vieillissement de la population est l’un des défis majeurs de notre époque. En France, on constate que les plus de 65 ans étaient en 2007 10.3 millions soit 16.2 % de la population (contre 15% seulement en 1994) Cette situation conduira au niveau individuel, comme au niveau de la puissance publique à des choix économiques très différents de ceux qui ont été adoptés depuis une quarantaine d’années. La bonne nouvelle de l’allongement de la vie (et très souvent des conditions de cette vie) sera tempérée par les efforts financiers qu’elle demandera. La solidarité entre les générations sera moins que jamais un vain mot.

Face à la maladie et à la fin de vie, la mise en place d’un programme national de soins palliatifs a vu le jour. La loi n° 99-477 précise que « toute personne malade dont l’état le requiert a le droit d’accéder à des soins palliatifs et à un accompagnement » et donne la définition suivante « les soins palliatifs sont des soins actifs et continus pratiqués par une équipe interdisciplinaire en institution ou à domicile. Ils visent à soulager la douleur, à apaiser la souffrance psychique, à sauvegarder la dignité de la personne malade et à soutenir son entourage. » Ils peuvent concerner aussi bien des patients confrontés à la douleur lors de maladies à évolution lente que des malades en fin de vie. Appelés à tenir un rôle en interrelation, les intervenants sont divers : médecins, infirmiers, aides soignants, kinésithérapeutes, assistantes sociales, psychologues, auxiliaires de vie, bénévoles etc.… Trois types de structures existent : les Unités de Soins Palliatifs (USP, structures hospitalières d’environ 10 lits accueillant pour une durée limitée), les équipes mobiles de soins palliatifs (EMSP), les lits identifiés en soins palliatifs au sein d’un service hospitalier. De plus, les réseaux de soins palliatifs permettent un lien entre les établissements hospitaliers et les domiciles.
Un maillage serré de tout le territoire sera de plus en plus nécessaire si l’on veut répondre aux besoins qui se feront jour dans un avenir proche et traiter sur un pied d’égalité toutes les populations quel que soit leur lieu de résidence. Cela suppose un effort financier : sommes-nous prêts à y consentir ?
Poser cette interrogation, c’est élargir notre réflexion sur le thème « retraite et cohésion sociale » à la question essentielle de la reconnaissance de la dimension humaine et non la limiter à son aspect purement économique.
C’est dans le respect de cette dimension humaine que doivent être recherchées les solutions susceptibles de répondre aux attentes des retraités à chaque étape de leur vie, particulièrement lorsque le vieillissement fait apparaître des dégâts de santé irréversibles et invalidants.
Au moment où une répartition démographique de la population en trois tiers (un tiers en formation, un tiers au travail, un tiers en retraite) se profile à court terme, une démarche humaniste, est indispensable pour répondre efficacement et équitablement aux défis que le vieillissement pose à notre société.

Pour la commission Retraités / Retraitables

Maurice Maceron - Marcel Oltra

(1). Texte intégral de la Charte : Google : « membres.lycos.fr/papidoc/12chartepa.html » puis cliquer sur « charte des droits et libertés de la personne âgée dépendante »

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