Établissements scolaires : une reprise graduée et intelligente

Établissements scolaires : une reprise graduée et intelligente

Communiqué de presse à télécharger ici au format PDF

Les établissements scolaires devraient rouvrir à compter du 11 mai. A&I UNSA tient à rappeler que les personnels administratifs ne sont pas des personnels de compagnie et ne deviendront pas les supplétifs du système éducatif.

Le Gouvernement a abondamment affirmé depuis le début de la crise qu’il fondait ses décisions sur les recommandations du conseil scientifique. Concernant l’École de la République, depuis le 20 avril, ces assertions sont démenties par les faits. Dans cette note, le conseil est en effet on ne peut plus clair : « le risque de transmission est important dans les lieux de regroupement massif que sont les écoles et les universités, avec des mesures barrières particulièrement difficiles à mettre en œuvre chez les plus jeunes. En conséquence, le Conseil scientifique propose de maintenir les crèches, les écoles, les collèges, les lycées et les universités fermés jusqu’au mois de septembre. »

Le Gouvernement a pris la décision politique de passer outre cette recommandation.

Cette décision peut entraîner :

– un risque précoce de 2ème vague épidémique,

– une pression forte de la part de l’ensemble des personnels de la communauté éducative sur les personnels administratifs.

En effet, si la décision de réouverture est maintenue par le gouvernement mardi, il est clair que les personnels administratifs seront en 1ère ligne pour gérer les problématiques sanitaires et celles relatives à la restauration et à l’hébergement en internat.

Il faut garder à l’esprit que les établissements scolaires dépendent également pour leur fonctionnement quotidien des décisions politiques, pas simplement administratives, des collectivités locales, à tous les échelons, de l’école primaire au lycée.

Dans le second degré, s’agissant de la gestion matérielle sans laquelle rien ne fonctionne, il revient à l’équipe administrative coordonnée par l’adjoint gestionnaire de mettre en œuvre les décisions de l’État et des collectivités locales.

Or, le 11 mai, nous ne serons pas en mesure d’accueillir à la fois les élèves dans des conditions sanitaires acceptables et de gérer la restauration et l’internat, même à effectif réduit.

Si ces réouvertures devaient être envisagées, un délai de 15 jours ne serait pas de trop afin de tirer les premières leçons du retour des élèves dans les locaux, compte tenu de toutes les contraintes, variables d’un lieu à l’autre, que cela implique (respect du protocole sanitaire, manque de points d’eau, manque de personnel pour l’entretien, exiguïté des locaux…)

Notre ministère devra donc soigneusement scénariser la reprise en permettant la prise en compte de la réalité de chaque établissement : ici ouvert, là-bas, peut-être, fermé !

C’est à ce prix qu’une reprise, qui ne peut être que graduée et intelligente, pourra permettre de tirer quelques enseignements afin que nous soyons opérationnels en septembre, date à laquelle, malheureusement, tout risque épidémique n’aura peut-être pas disparu.

Nous souhaitons assumer notre rôle de fonctionnaires mais refusons de devenir les boucs émissaires de décisions nationales purement politiques. Aussi, nous souhaitons une communication claire et précise, nous dégageant de toute responsabilité en cas de contamination.

Le gouvernement ne doit pas jouer avec la santé des personnels et des élèves qui ont consenti des efforts considérables depuis deux mois pour se retrouver aujourd’hui exposés alors que la situation sanitaire ne s’y prête pas.

À la reprise, les personnels administratifs des établissements mais également de l’administration centrale et des services académiques, auront à rattraper les retards accumulés pendant la période de confinement et à accompagner les mesures sanitaires retenues. Mais les personnels administratifs ne sont pas les supplétifs du système éducatif. Ils ont vocation à remplir des missions conformes à leurs statuts et à être tout autant que les autres protégés par leur employeur. Ce dernier a fait le choix très contestable d’exposer leur santé malgré les recommandations du conseil scientifique. Nous serons intransigeants sur le respect de leurs missions et des protections qui leur sont dues.

Le 27 avril 2020

Jean-Marc Bœuf
Secrétaire général A&I UNSA