Secrétaire : un métier utile et méconnu

Secrétaire : un métier utile et méconnu

Nous sommes allés à la rencontre de Virginie, jeune collègue ADJAENES au parcours déjà varié, affectée au secrétariat de direction d’un lycée des Hauts de France.

  • Comment êtes-vous entrée dans l’Éducation nationale?

 

À l’origine, j’ai eu une carrière militaire, dans les troupes de marine, au Groupement de Soutien de la Base de Défense de Lille. Placée dans le vivier des militaires en période de reconversion, j’ai eu un entretien de carrière au rectorat de Lille et je suis devenue stagiaire de catégorie C affectée à la rentrée 2012 au secrétariat d’intendance d’un lycée proche de Lille.

 

  • Quelles ont été vos fonctions ?

 

J’ai été chargée de la gestion des agents de la Région, de la gestion des fournitures, des liquidations du SRH, des encaissements et de la vérification des pièces comptables de 3 établissements du groupement comptable.

 

  • Comment avez-vous vécu vos débuts dans l’intendance ?

 

Je ne connaissais pas du tout le travail en lycée et j’ai été accueillie avec méfiance. Les gens souhaitaient que je sois opérationnelle tout de suite, alors que je n’avais eu aucune formation à l’emploi. J’ai fait comme tout le monde : je me suis intéressée et j’ai appris comme j’ai pu, sur le tas. Je remplaçais une personne partie à la retraite. Je n’ai eu ni transmission du savoir, ni consignes de travail pour démarrer. On apprend très vite. C’est vital. Mais j’ai été déçue de ces débuts : je m’attendais à un peu de considération et de formation, même à l’interne. Je ne suis pas du genre à rester dans mon coin et à attendre le travail ou que les informations viennent. Je suis allée les chercher. Dans les faits, les informations circulent mal, et ce n’est pas non plus facile de trouver sa place dans une équipe préexistante.

Je suis resté dans ce poste 5 ans. J’ai pensé en avoir fait le tour et j’ai demandé une mutation pour me rapprocher de chez moi. Je suis affectée dans un nouveau lycée depuis septembre 2017, cette fois au secrétariat de direction. Je voulais relever de nouveaux défis, faire autre chose et voir de quoi j’étais capable.

 

  • Quel bilan tirez-vous de votre premier poste en lycée ?

 

L’intendance est un travail un peu répétitif avec des échéances précises à tenir. Ce que j’aimais le plus, c’était la relation avec les élèves, leur contact, le sentiment de pouvoir leur apporter une aide. Ce que j’ai moins apprécié, c’est la relation avec le restaurant scolaire qui s’entêtait à ne pas respecter les procédures pour les sorties et les factures, et la relation très distante avec les professeurs qui nous voient comme des empêcheurs, pour rester polie. Heureusement, il y avait de bonnes relations entre les secrétaires de tous les services. On se tenait au courant et on savait se rendre des services. Côté hiérarchie, quand on sait ce qu’on a à faire, on est considéré et on peut prendre des initiatives et des décisions. À l’intendance, on était trois et chacun devait connaître le travail de l’autre pour pouvoir se seconder ou se remplacer. La répartition du travail se faisait selon la capacité de chacun, pas forcément selon son niveau hiérarchique. En plus, quand on est mal vue, on ne fait que des tâches subalternes. J’aurai aimé faire plus de choses, par exemple les bourses et les droits constatés. Mais l’idée venait de moi, pas du chef… Du coup, j’ai eu envie de faire autre chose. Pourquoi ne pas travailler dans un secrétariat de Direction ?

 

  • Comment s’est passée votre entrée dans cette nouvelle fonction ?

 

J’ai découvert un métier totalement différent. L’accueil a été très bon et il a été facile de s’adapter. Je connaissais les bases du secrétariat mais pas son contenu technique. On ne m’a pas mis la pression. Mes chefs m’ont bien expliqué le contenu du travail et ce qu’ils attendaient de moi. On m’a laissé le temps de m’adapter et je me suis tout de suite sentie à l’aise.

 

  • Quel est le contenu de votre travail ?

 

J’ai beaucoup de relations avec les enseignants. J’assure la gestion de leur carrière. Ils ont tendance à se confier à moi. Ils me font confiance. La confidentialité est plus forte et le rapport est plus humain. Je gère tous les personnels de l’État, le courrier électronique, l’agenda de la Proviseure. Je fais aussi un travail classique de secrétariat (courrier). On m’a confié des responsabilités : le suivi des circulaires de mouvement, d’avancement, les élections… Je suis un calendrier strict des opérations et des échéances. Si je me trompe, ça peut avoir des conséquences graves, par exemple sur la carrière d’un personnel. Les outils sont complètement différents de l’intendance. J’ai dû me familiariser avec de nouvelles applications et j’ai dû apprendre beaucoup de choses en peu de temps. On arrive, on ne connaît pas le travail et on est tout de suite face au dossier de rentrée, à l’installation des personnels. Je me suis fait peur au début !

Cette fois-ci, j’ai 5 jours d’adaptation à l’emploi sur 6 mois. J’ai apprécié de pouvoir échanger avec d’autres collègues et voir comment ils fonctionnaient.

Maintenant, j’ai pris de l’assurance et mes marques dans l’établissement. Quand on me pose une question, je sais à quel interlocuteur m’adresser.

Je n’ai pas encore vu les examens et la préparation d’une rentrée. J’ai une petite crainte mais j’ai de bons chefs sur qui compter. C’est rassurant. Si je fais des propositions, elles peuvent être écoutées.

J’apprécie mon travail. J’en suis fière. Il n’y a pas de sous métiers dans l’administration scolaire. J’apprécie une certaine autonomie. On me fait confiance. Je suis bien dans ce poste assez « familial ».

 

  • Quels sont vos projets ?

 

Changer de métier, ce n’est pas générationnel. Mais il faut savoir saisir toutes les opportunités et le changement ne me fait pas peur. Je souhaite préparer le concours SAENES. Mais j’aimerais rester en établissement : j’aime l’ambiance, le contact avec les élèves et les professeurs.

Administratif, on passe un peu inaperçu. On ne parle que des profs. Mais notre travail est enrichissant, utile pour les futures générations. Si c’était à refaire, je referais !