La Revue 124 : éditorial

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La smicardisation de la fonction publique : ça suffit !

Au 1er janvier 2026, le salaire minimum interprofessionnel de croissance (SMIC) a été revalorisé à 1 823,03 € bruts mensuels. Cette hausse, conséquence directe de l’inflation, révèle une nouvelle fois l’impasse dans laquelle l’État employeur enferme ses propres agents.

Le SMIC dépasse désormais de 5 points l’indice minimum de traitement de la fonction publique fixé à 366, contraignant le gouvernement à recourir, pour la deuxième année consécutive, à l’indemnité différentielle. Un artifice comptable qui ne règle rien et masque l’absence totale de politique salariale ambitieuse.

Jamais l’écart entre le SMIC, équivalent aujourd’hui à l’indice 371 et les débuts de carrière n’a été aussi faible. La catégorie C commence en dessous du SMIC, la catégorie B le frôle à peine, et la catégorie A n’est plus qu’à 24 points. Ce tassement inédit des grilles indiciaires efface les qualifications, nie l’expérience et dévalorise l’engagement des agents publics.

Dans un contexte de gel persistant de la valeur du point d’indice et de suspension de la garantie individuelle de pouvoir d’achat (GIPA), la perte de pouvoir d’achat s’aggrave d’année en année. Sans les primes et le régime indemnitaire, une majorité d’agents serait aujourd’hui rémunérée à peine au-dessus du minimum légal, malgré des missions toujours plus lourdes et des conditions de travail dégradées.

Cette situation est inacceptable. Elle traduit un mépris profond pour les agents publics et pour le service public qu’ils font vivre au quotidien. Elle frappe tout particulièrement les femmes, majoritaires dans la filière administrative, premières victimes de ces politiques d’austérité injustes et répétées.

Face à la « smicardisation » des carrières, une seule réponse est à la hauteur des enjeux : l’ouverture de véritables négociations salariales pour revaloriser les grilles de traitement et en élargir l’amplitude pour les trois catégories de la fonction publique.

L’urgence salariale est là. Maintenant. Pas après l’élection présidentielle !

Dominique Chassagne, Secrétaire général