La Revue 125 : éditorial

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Soyons fiers de nos métiers administratifs, exigeons le respect !


Il est devenu presque banal d’entendre que la France serait engluée dans ses lourdeurs administratives. À longueur de discours politiques et patronaux, la bureaucratie est érigée en coupable idéal, symbole d’inefficacité et de frein à l’action. Derrière cette rhétorique bien rodée, une réalité est soigneusement
passée sous silence : celles et ceux qui font vivre au quotidien le Service public.


Dans l’Éducation nationale, la filière administrative regroupe moins de 5% des effectifs pour assurer le fonctionnement d’un système qui accueille autour de 12 millions d’élèves et mobilise 1,2 million d’agents. Oui, moins de 5%. Et pourtant, sans nous, rien ne tient.
Notre filière reste encore largement invisible. Invisible aux yeux du grand public, des médias, parfois même de nos collègues enseignants. Massivement féminisée, elle regroupe des agents de toutes catégories, mais demeure moins bien rémunérée que dans d’autres administrations. À cela s’ajoutent un déficit de formation et un manque d’attractivité chronique. Voilà la réalité, loin des caricatures.
Et malgré cela ? Malgré les réformes à répétition, l’arrivée de nouveaux outils, les bouleversements liés au numérique et à l’intelligence artificielle, nous tenons. Nous faisons face. Nous nous adaptons, nous innovons, nous assurons la continuité du Service public.
Car non, nos métiers, nos fonctions ne s’improvisent pas. Être adjoint administratif, secrétaire administratif, attaché d’administration exige des compétences, de l’expérience, un engagement quotidien. Cela s’apprend, cela se construit. Il est temps de cesser de considérer notre filière comme une variable
d’ajustement ou un point de chute par défaut.
Nous sommes des professionnels. Des professionnels indispensables. Des acteurs du changement, pas des obstacles. C’est à ce titre qu’A&I UNSA revendique la reconnaissance pleine et entière de nos métiers et de nos qualifications, des perspectives d’évolution claires et attractives, un véritable plan de formation
et d’accompagnement tout au long de la carrière et enfin le droit d’être entendus et associés aux transformations qui impactent directement nos missions.

Nous refusons d’être les oubliés du système. Sans personnels administratifs, il n’y a pas d’école qui fonctionne. Il est temps de le reconnaître. Il est temps de le répéter. Et surtout, il est temps d’agir !

Dominique Chassagne, Secrétaire général d’A&I UNSA